Sans doute à cause de l'été et de la chaleur de ce mois de juillet, je ne trouve plus le temps de publier, ni de faire mes psychanalyses à chaud de ce qui se passe dans notre petite famille, mais ma conscience me rattrape, je ne veux pas prendre trop de retard, ni sauter trop de chapitres. Alors, je me contenterais cette fois, d'un simple résumé des faits. Commençons par le principal. Cristina a été admise à sa formation d'aide soignante !
Elle attendait le résultat avec au moins autant d'angoisse que son résultat du bac. Au terme d'un suspens insoutenable de deux mois, la réponse est arrivée par courrier : ADMISE ! Les cours feront alterner la théorie et pratique, ils commenceront au mois de janvier 2010 (dans six longs mois). Pourtant, cette perspective lointaine lui fait un bien fou au moral. Après une année et demi à exercer le beau métier de femme au foyer, Cristina a hâte de retrouver une vie sociale qui ne soit plus asservie aux horaires de tes siestes. Quelque part, les communistes ont raison : le travail rend libre ! Mais tu lui manqueras certainement quand elle travaillera. L'insatisfaction est une constante humaine.
En tous les cas, le risque d'un retour précipité vers l'Espagne est pour le moment écarté. Ces projections dans l'avenir permettent de soigner un peu son mal du pays.
Pour célébrer son triomphe j'ai réussi à la convaincre de partir à Barcelone visiter ses amies et faire du shopping. Pendant ce temps je t'ai gardé une semaine en vacances, j'avais cette envie depuis longtemps, comme pour m'assurer que j'en étais capable. Mes vacances de papa au foyer ont permis de prouver que j'étais au moins apte à te faire survivre. Je crois même que j'ai obtenu de bons résultats, mais je n'ai pas ménagé ma sueur. Jamais je n'ai autant balayé, ni passé la serpillère de ma vie. Je me suis juste efforcé de ne pas me laisser déborder et avec cette simple ambition, je terminais la journée exsangue. Ce n'était donc pas une sinécure , mais j'ai eu un bonheur certain à être homme au foyer. Toi et moi, nous partions nous promener une fois le matin et une fois le soir. Tu débordais d'énergie. Je ne regrette pas d'avoir utiliser mes jours de vacances pour les passer entre nous. Je crois même que je prendrais des congé spécialement pour m'occuper de toi l'année prochaine.
Par mimétisme, tu apprends vite, tu reproduis les gestes que nous faisons, tu désignes les objets autour de toi en les montrant du doigt, cependant l'interprétation de tes envies reste plus un art qu'une science. Ton langage n'est pas encore très clairs, mais petit à petit, tu emploies à bon escient maman, papa, bibi etc. Ce mois ci tu as appris à monter les escaliers, allumer la lumière, arroser les plantes, appuyer sur les boutons de tes jouets pour les faire fonctionner. Ta capacité de concentration augmente, tu es capable, par exemple, de rester dans ta chambre seul pendant cinq minutes sans faire de bêtises. Petit à petit on s'amuse plus, j'en oublierais presque les couches.
Quand je suis avec toi, je me détends, je laisse le temps couler. Dernièrement, lorsque l'air frais de la nuit descends sur la la rue, nous nous mettons au balcon ensemble et prenons le thé, je te monte comment arroser les plantes, je m'assois à coté de toi pour que tu sois à portée de main. Agrippé au barreaux de la balustrade, nous regardons ensemble passer les voitures, j'oublie que je déteste les moteurs à explosion et que mon jardin est bétonné. Quand on a pas ce que l'on aime faut aimer ce que l'on a ! Les moments à ton innocence sont de plus en plus fréquent, à croire que j'ai été contaminé par ta cervelle de moineau qui pleure, qui rit et effectue toute sorte de révolution en cinq minute de temps. Disons simplement que je suis heureux.