dimanche 19 octobre 2008

La crise

Depuis quelques semaines, les journaux ne parlent que de la crise. De l'avis général des cafés du commerce, il y avait longtemps que la maladie couvait, mais maintenant ça y est : les bourses dégringolent, les cours chutent et c'est enfin la grande débandade. Pour un peu, on se croirait en 1929 quand les idéaux vacillaient, mais cette fois, il manque un brin d'enthousiasme pour y croire vraiment, les jolies courbes orientées vers le bas ont beau prédire un sombre avenir, personne n'a encore songé à se suicider. Invariablement, les premières pages du Monde titrent avec la photo d'un trader affligé se prenant la tête entre deux mains, et sur la télévision espagnole, chaque soir il y a un reportage à propos du pouvoir d'achat qui se réduit de jour en jour. La complainte est devenue une ritournelle qui se chante sans y penser, la crise s'est transformée en sujet de conversation comme la pluie et du beau temps. Ad nauseum, les médias rapportent la déliquescence du système capitaliste. Chacun l'accommode à sa sauce : certains y voyaient la réalisation de leur théorie et triomphent en disant : « Je vous l'avait bien dit !», d'autre plus prophétique y voyait la fin d'une civilisation ... d'autres encore affirmaient que la crise était chronique s'en tenant au refrain millénaire : après la pluie viendrait le beau temps, enfin quelques thomacistes minoritaires s'en tenait exclusivement au plus certain et constataient : jusqu'ici tout va bien. Ces derniers avaient incontestablement raison, puisque, selon tout vraisemblance, la véritable cause du millénarisme ambiant était l'ennui. Dans ce monde, où décidément, on s'emmerdait ferme , ce tableau présenté avait le mérite d'avoir un beau relief et de combler les imaginations en manque de sensationnel.

Concrètement, ces alarmistes à la mode ne modifiaient guère notre quotidien, nous, trop obnubilés par tes progrès, accaparés par des caprices de plus en plus nombreux, espérions seulement que cette fameuse crise priverait de carburant les motards imbéciles qui te réveillaient la nuit.

Phase 2 : Après le bain

Tes horaires s'étaient assouplis, nous laissaient parfois manger sur la terrasse d'un restaurant, mais même si tu étais devenu plus facile à comprendre, ta surveillance ne s'était pas convertie en sinécure pour autant. Communiquant mieux, ton message était clair : tu exigeais plus d'attention ! Dès que nous disparaissions de ton champ de vision, commençaient les jérémiades. A l'aide de ta palette de gazouillis largement étoffée, tu avais compris qu'en pleurant un peu, il était possible d'obtenir beaucoup. Cette technique systématique épuisât jusqu'à la patience de ta mère. Dès lors, nous avons eu massivement recours à la tétine pour étouffer un peu tes pleurnicheries apprenant les bases de ton mode de négociation.

Pour avoir pratiqué un peu le baby-sitting, je comprends très bien qu'elle puisse être lassée de te supporter. Et quand je lui parle d'en avoir un deuxième, elle paniqueà l'idée de devoir s'occuper d'un autre pensionnaire, mais heureusement nous vivons une époque moderne! De mon côté, j'ai restreint mes activités extra-professionelles pour donner un coup de main, et si l'envie me prends d'écrire un peu, je le fais en dilettante pendant mes heures de bureau.

dimanche 12 octobre 2008

jeudi 9 octobre 2008

samedi 4 octobre 2008

Le meilleur et le pire : mais vite !

Ce sont avant tout des raisons administratives qui nous ont poussé à officialiser notre union. A cause des innombrables fois où nous dûmes présenter des attestations de résidence commune, à cause des tarifs « couple » et de divers caprices administratifs, il a bien fallu que nous nous rangions comme tous les honnêtes gens. Cependant, par esprit de contradiction sans doute, la voie du mariage traditionnel ne nous convenait pas, même si cette voie semblait toute indiquée, nous avions chacun nos arguments à opposer, personnellement, un anticonformisme instinctif me défiait de toute les modes populaires, et pour être précis, je ne m'imaginais pas du tout devoir porter une bague à mon doigt, trop contre mes principe, je voulais laisser doigt à l'état de nature jusqu'à la fin ! Outre ces rébellions peu argumentables, Cristina et moi pensions que l'argent que requiert par ces splendeurs d'un jour devait pouvoir trouver meilleur usage. Enfin, c'est surtout notre situation entre deux pays qui rendit impensable l'organisation d'un mariage orthodoxe. A court terme, nous n'étions pas prêt à nous engager dans une autre aventure, ou alors il aurait fallu réaliser un mariage minimal, mais on voit bien que cela résonne comme un oxymoron. Et c'est ainsi que nous nous avons succombé aux sirènes du « mariage moderne ».

Nous nous sommes PACSé le 1er octobre 2008, soit, en termes non acronymesques, nous avons conclu un pacte civil de solidarité. Trois mois après avoir déposé notre dossier, nous sommes rendus tous les deux au tribunal de grande instance de Toulouse pour signer notre PACS. Comme n'importe quel contrat, il est déposé au greffe et bien qu'il soit légalement équivalent au mariage (à quelques détails près), il est loin d'en posséder la solennité. Nous sommes entrés dans le bureau de la greffière à neuf heures et quart et nous en sortîmes quinze minutes plus tard, le temps d'échanger quelques banalités, César n'a même pas eu le temps de s'impatienter pendant que la greffière s'assurait que tous les papiers avaient été rassemblé. Une fois qu'elle nous eut communiqué notre numéro de PACs et apprit les dernières formalités administratives, c'était déjà fini.

Photo de PACS

Nous retrouvant au bas du bâtiment de si bonne heure, nous étions assez dépités du manque de cérémonie de l'acte. Étions nous vraiment liés pour le meilleur et pour le pire ? Indépendamment de César, qui est sans doute le meilleur lien qui puisse exister entre nous, un peu de faste et de symbolisme aurait été du meilleur effet. Nous sommes demandé un temps s'il fallait célébrer cet événement en prenant un petit café ensemble, mais puisqu'il ne s'en présentait aucun dans les environs immédiats, nous nous sommes séparés comme si de rien n'était, Cristina vers le métro, moi au travail.

Ce n'est que le soir que nous nous avons célébré l'événement, tous les trois sur la terrasse d'un bar, le dernier jours de l'été indien.