Le moins que l'on puisse dire, c'est que le retour au quotidien n'a pas été facile. Loin des deux familles, nous ne pouvons plus trainer au lit ni nous excuser le matin quand tu réclames ton déjeuner. Cristina retombe dans la routine aliénante des tâches domestiques, quant à moi, mon salariat abruti est reparti brutalement. Pour elle comme pour moi, il est difficile de relativiser ces brusque transposition de la réalité, la sagesse recommande d'oublier ces inconvénients matériels, mais il ne nous est pas aussi facile qu'à toi d'oublier où nous avons le cul posé pour reprendre l'ouvrage avec optimisme.
Les sentiments sont étranges, ils résistent à toute forme d'analyse, la joie et la tristesse sont incontrôlables. Même en s'entrainant beaucoup, s'émouvoir à volonté est impossible. Tout comme dans une potion magique, l'émotion ne se créé qu'après que quelques ingrédients évanescents aient été introduits, des pincées de je-ne-sais-quoi matinées de je-ne-sais-quoi-d'autre. Noter la recette ne servirait à rien, elle varie en permanence.
C'est seulement dans la mesure où ne nous ne nous comprenons pas nous même que nous aurons la chance d'être ému. Et donc, à mesure que l'on vieillit et que nous devenons conscient, un processus inéluctable s'engage et nous prive des joies rayonnante de la simplicité.
Aussi, lorsque tu souris le matin, sans savoir précisément ce à quoi tu souris, je ne peux m'empêcher de t'envier et de t'admirer. Car à toi, il n'est pas nécessaire de comprendre ce qui t'entoure pour être heureux, ressentir est bien suffisant. L'improvisation, ton seul guide, te permet de transformer des petits riens en grands événements.
Hier, pour évacuer une première journée oppressante (comme le sont tous les retours de vacances), nous sommes allés nous promener près de la Garonne, sur la prairie des Filtres. Maman t'avais allongé et elle jouait avec toi à te faire rire en éclat en te chatouillant les côtes et en enfonçant son visage sur ton ventre. Tu a bien ris. Lorsqu'ensuite, je quittais mes chaussures pour t'emmener pieds-nus à la rencontre d'un nouveau jardin. Tes yeux se sont fixés sur un arbre, tu semblais si fasciné par ce que tu voyais, que j'ai du t'approcher afin que tu caresses son écorce. Tu n'avais jamais touché d'écorce auparavant. Alors, tu cramponnais le bois séché, écoutant le bruit de tes ongles s'enfoncer dans la peau de l'arbre, tu ouvrais un bouche ronde d'où s'écoulait un filet de bave. C'est la même chose, lorsque tu contemplais les fleurs, où les voitures, la télé... Tu entreprends tout avec sincérité. La première fois tu t'es assis dans l'herbe, ton corps a semblé refroidi, impressionné et puis tu t'es rassuré. Tu as gouté ta première compote sans savoir ce que tu mangerais, mais tu as ouvert la bouche avec appétit.
Sans doute est-ce le début du naufrage d'un gâteux, mais il me semble essentiel de préserver le plus longtemps possible cette heureuse acception bienveillante du monde.
vendredi 22 août 2008
samedi 16 août 2008
Vacances à Pruillé
Poursuivant notre lancée estivale, ta maman et moi avons achevé la ronde des présentations en nous rendant à maison familiale de Pruillé l'Aiguillé au mois. Venus de Toulouse par le train, nous avons d'abord essuyé un net changement de climat du au changement de latitude. Au Mans, la pluie nous saluait sous quelques degré de moins.
Arrivés à la maison de campagne, tu n'as pas tardé à trouver tes repères. L'oxygène de la forêt de Bercé et les nuits absolument silencieuses t'ont fait oublier rapidement l'agitation des rues de Toulouse. Ainsi, tu dormais depuis neuf heure du soir jusqu'à huit heures du matin et ce d'une seule traite, comparativement aux autres bébés, cela te classes sans discussion parmi les «mignons».
Comment d'ailleurs ne pas te trouver adorable, si simple et si heureux. Personne ne t'en demandais autant pour t'aimer. Pas farouche, tu souris aux inconnus et supporte sans problème le dépaysement. Faut-il y détecter un futur bourlingueur ? En tous les cas, les aventures d'un berceau à un autre ne te défrisent pas.
Du côté de ma famille, ton oncle Guillaume et ton grand oncle Michel, ma marraine Janick n'avaient pas encore fait ta connaissance. Tu allais aussi rencontrer ton alter ego, Quentin, né quelques mois auparavant, il allait sans doute devenir ton futur compagnon de jeu. Dans une brève apparition Guillaume te présentait son accordéon avant de disparaître dans les fumées de sa jeunesse dissolue.
Profitant du zèle de grands-parents ayant rarement l'occasion de dispenser leur prodigalité. Cristina et moi nous sommes affranchis des « tâches bébé » pour nous consacrer presque entiers au repos et au sport. Cristina qui était décidée à rattraper son manque d'exercice, courait un footing le soir et battit un record d'une demi heure de course sans s'arrêter, elle prit également goût au tennis, qui passé les premières récupérations assez aléatoires, finit par retourner environ la moitié des balles, ce qui n'est pas si mal pour un début. Abandonnant sans remord ta survie au soin des grands-parents, on peut dire que nous avons bien profité de notre temps libre. A force d'aller par monts et par vaux, tu aurais sans doute fini par ne plus savoir qui étaient vraiment tes parents.



Mamie s'occupait d'une partie des biberons, des couches et bains. Mon père, fidèle à ses anciennes attributions, te donnait le premier biberon de la journée, il n'avait rien oublié du geste. Selon toute vraissemblance, tu bénéficieras de ses services dans quelques années pour te beurrer tes tartines le matin.

Pourtant, cette joyeuse société était tempérée par une arrière grand-mère pas très en forme, chagrinée une blessure dont elle tardait à se remettre, l'âge commençait à lui causer des ennuis... ainsi va le monde. Les horloges tournent et moissonnent chaque années autant de printemps, il n'est rien à changer à cette règle-là. A côté de ta vie encore ébouriffée de son réveil, il se trouve d'autres vies qui angoissent de ne voir plus le jour. Mais n'y pensons plus. La mamie t'a donné le biberon, c'est sans doute le meilleur baume au coeur que de penser que rien ne se termine jamais complètement.

Au terme, de ces vacances familiale, je suis un brin triste à l'idée de reprendre le travail. Ta mère aussi redoute de s'ennuyer dans la solitude Toulousaine après les vagabondages estivaux, son devoir de femme au foyer reviendra dicter son emploi du temps. Elle dit que son travail manque de "social".
Oui, le lancinant abrutissement qui accompagne les jours de labeur va reprendre, funeste et déplacé et je ne me trouve actuellement aucun disposition au nécessaire sérieux de la rentrée.
Mais après tout, c'est le signe que le temps loisible a été bien utilisé.
Arrivés à la maison de campagne, tu n'as pas tardé à trouver tes repères. L'oxygène de la forêt de Bercé et les nuits absolument silencieuses t'ont fait oublier rapidement l'agitation des rues de Toulouse. Ainsi, tu dormais depuis neuf heure du soir jusqu'à huit heures du matin et ce d'une seule traite, comparativement aux autres bébés, cela te classes sans discussion parmi les «mignons».
Comment d'ailleurs ne pas te trouver adorable, si simple et si heureux. Personne ne t'en demandais autant pour t'aimer. Pas farouche, tu souris aux inconnus et supporte sans problème le dépaysement. Faut-il y détecter un futur bourlingueur ? En tous les cas, les aventures d'un berceau à un autre ne te défrisent pas.
Du côté de ma famille, ton oncle Guillaume et ton grand oncle Michel, ma marraine Janick n'avaient pas encore fait ta connaissance. Tu allais aussi rencontrer ton alter ego, Quentin, né quelques mois auparavant, il allait sans doute devenir ton futur compagnon de jeu. Dans une brève apparition Guillaume te présentait son accordéon avant de disparaître dans les fumées de sa jeunesse dissolue.
Profitant du zèle de grands-parents ayant rarement l'occasion de dispenser leur prodigalité. Cristina et moi nous sommes affranchis des « tâches bébé » pour nous consacrer presque entiers au repos et au sport. Cristina qui était décidée à rattraper son manque d'exercice, courait un footing le soir et battit un record d'une demi heure de course sans s'arrêter, elle prit également goût au tennis, qui passé les premières récupérations assez aléatoires, finit par retourner environ la moitié des balles, ce qui n'est pas si mal pour un début. Abandonnant sans remord ta survie au soin des grands-parents, on peut dire que nous avons bien profité de notre temps libre. A force d'aller par monts et par vaux, tu aurais sans doute fini par ne plus savoir qui étaient vraiment tes parents.
Mamie s'occupait d'une partie des biberons, des couches et bains. Mon père, fidèle à ses anciennes attributions, te donnait le premier biberon de la journée, il n'avait rien oublié du geste. Selon toute vraissemblance, tu bénéficieras de ses services dans quelques années pour te beurrer tes tartines le matin.
Pourtant, cette joyeuse société était tempérée par une arrière grand-mère pas très en forme, chagrinée une blessure dont elle tardait à se remettre, l'âge commençait à lui causer des ennuis... ainsi va le monde. Les horloges tournent et moissonnent chaque années autant de printemps, il n'est rien à changer à cette règle-là. A côté de ta vie encore ébouriffée de son réveil, il se trouve d'autres vies qui angoissent de ne voir plus le jour. Mais n'y pensons plus. La mamie t'a donné le biberon, c'est sans doute le meilleur baume au coeur que de penser que rien ne se termine jamais complètement.
Au terme, de ces vacances familiale, je suis un brin triste à l'idée de reprendre le travail. Ta mère aussi redoute de s'ennuyer dans la solitude Toulousaine après les vagabondages estivaux, son devoir de femme au foyer reviendra dicter son emploi du temps. Elle dit que son travail manque de "social".
Oui, le lancinant abrutissement qui accompagne les jours de labeur va reprendre, funeste et déplacé et je ne me trouve actuellement aucun disposition au nécessaire sérieux de la rentrée.
Mais après tout, c'est le signe que le temps loisible a été bien utilisé.
jeudi 7 août 2008
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