lundi 21 septembre 2009

dimanche 20 septembre 2009

mardi 15 septembre 2009

Sleaking baby is easy

Comme César apprend deux langues à la fois, la synthèse qu'il en fait lui est bien propre et il faut parfois traduire son esperanto, quoique ce ne soit pas bien difficile. Voici ses premiers mots :

PAPA : Papa

MAMA : Maman

Lô : ça

MAMIAM : Manger, plus, encore

KRRR : Caca, sale, beurk

VROUM : Voiture

OUAOUA : Chien

ANA : On y va ! Dehors

Je ne vous traduis pas ni MIAOU, ni COUACOUA, c'est à vous de deviner...

samedi 5 septembre 2009

Le paradis perdu

Avec septembre, l'air est devenu vif. Le vent tourne dans les arbres, les branches sont encore vertes, mais le parfum des fleurs n'est plus qu'un lointain souvenir. Dans le ciel les nuages se déchirent, cisaillés par les conflit nord/sud de la météo, ils laissent paraitre de grandes trouées bleues, ce sont les derniers vestiges de l'été. Déjà, c'est la rentrée. Je devine confusément les prémisses de l'automne. Et comme tous les ans, à cette époque, le même refrain mélancolique me revient : « Encore une année qui s'en va ». Pourtant, aujourd'hui mon couplet nostalgique n'est pas aussi efficace qu'à l'accoutumée. Car, si pour moi une année vient de passer, pour d'autres, l'année qui arrive est plus importante que celle qui vient de se terminer. Une simple question de perspective....
Entre quatre immeubles, nous avons découvert un parc à jeux près de la place Saint Georges. A deux pas de la place Wilson, le point central de Toulouse, un ensemble d'immeubles aux balcons fleuris délimite une zone où les autos n'entrent pas. César est en extase devant un grand train en bois. L'endroit est bondé et les enfants se montent les uns sur les autres pour accéder à l'engin. Chacun à son poste tient son rôle dans une histoire rapidement inventée, une petite fille est au volant : « on dirait que je serais le conducteur ». Une autre petite lui répond : « moi je ferai la bûche dans le feu ». Un enfant qui veut la dépasser dans un tunnel veut la déranger, alors la petite fille explique : « Je ne peux pas me déplacer, je suis une bûche ». « Oui, mais moi, le brulant ne me gène pas ». César qui regarde et apprend les rudiments de sa future société,.est tout à sa joie. Il se met à crier sur la bûche. La bûche n'a pas peur et le lui dit sans rire : « Laisse moi ! »

Au milieu des avenues accaparées par des chauffeurs surchauffés, je suis assis sur mon banc à surveiller les expériences de notre fils. Dans cet ancien trou de silence, des cris d'enfants ont remplacé le bruit des moteurs. Ils crient, mais c'est comme le chant des oiseaux, on en voudrait à n'en plus finir pour se laver le cerveau. Un paradis que je croyais perdu ressurgit de ses cendres. Les bourrasques dépoussièrent les ruines de ce temps béni : l'enfance. Ce début d'automne a un parfum de printemps, l'odeur du renouveau.
Dans l'univers des enfants, tout est merveilleux. Qu'il s'agisse d'un ressort, d'un cheval en bois ou d'une bouteille d'eau, tout est matière à invention. La magie est partout. Sous deux planche réunie à leur sommet, trois petites filles fondent leur école : « On dirait que je serais la maitresse » . Tandis que sur la bascule, deux brochettes d'enfants affirment clairement leur ambition et préviennent César : « Attention, nous, on veut aller vite ! Tu peux pas venir avec nous»

Immédiatement, une maman proteste, elle explique aux enfants qu'ils faut partager, qu'ils reviendront une prochaine fois. L'assemblée écoute cette maman d'une oreille distraite et reprend ses jeux dangereux de plus belle. Soit, ils ont tout le temps devant eux, mais ils ne l'entendent pas ainsi, le présent sert de ligne d'horizon. Un coup de balançoire ne saurait attendre demain.