dimanche 20 juillet 2008

Matapozuelos

Ma famille espagnole

Ce qu'il faut appeler « Ma première grande sortie dans le Monde » eut lieu au mois de juillet de l'année 2008, je rencontrai alors la partie espagnole de ma famille. À cette occasion, je fis la connaissance de la terre de Castille et de son dur soleil dont j'ignorais absolument tout.

Nous nous y sommes rendus en voiture, mon barda représentait la partie la plus volumineuse de nos bagages. Mes parents, contrairement à l'habitude, emmenaient avec eux peu de vêtements et de loisirs : une paire de baskets chacun et quelques livres seulement. L'encombrement n'était d'ailleurs pas leur souci majeur, ils se préoccupaient surtout de la chaleur qui risquait de transformer le périple en un bain de sueur sur fond de pleurs inconsolables. Heureusement pour nous, un ciel nuageux nous protégeait, je peux même dire que le voyage fut assez agréable, car si l'on exclut les pauses déjeuner, je crois bien avoir dormi tout le long du chemin, il nous a tout de même fallu une journée entière pour rejoindre Valladolid.

Nous nous sommes ensuite dirigés vers le village de Matapozuelos, où, pendant l'été, la famille a l'habitude de se réunir. Matapozuelos pourrait constituer le prototype d'un village de Castille, c'est une agglomération de quelque centaine de maisons autour d'un clocher, tout ceci perdu dans ce qui semble être un océan de blé : neuf cents habitants, six bars, une plaza Mayor et des habitants qui se conforme à l'envi à tout les clichés que l'on pourrait avoir.

Bien naturellement, ma présentation à la famille était attendue comme un événement important. Aussi, je ne pus guère me reposer le lendemain de mon arrivée. Ma grand-mère essayait bien que l'on me laisse dormir, mais chacun de mes gestes était l'occasion de tant d'émoi, qu'il a bien fallu s'abandonner à l'émotion.

Chacun réagit différemment, Carlos et Natalia, particulièrement concerné puisqu'alors ils pensaient faire un bébé, demandaient timidement à me prendre dans leur bras. Mariam, quant à elle, semblait recouvrer son récent passé de jeune maman en me serrant contre elle. José, égal à lui-même, n'était pas avare de conversation, il était aussi prolixe en « areu-areu » qu'en mots ordinaires. Emilia, bien sûr, ne se lassait pas de m'appeler « que cosa bonita mi nino !». Mais le plus surprenant de tous fut certainement David, lui qui n'avait alors que huit années, une fois dépassée la torpeur de la découverte, se prit de passion pour moi et ne me quittait pas des yeux, il assistait à tous les épisodes de mon feuilleton, je l'aimais bien, il s'est même proposé pour laver mon pyjama !


Con Tata y Carlos


Piscina

Con Mariam, Juanjo, Alvaro y David

Yayo

Fort de ces aventures, je pus apprécier que le lendemain la fraîcheur et le silence de la maison. Le soleil qui frappait fort à nouveau, avait été maîtrisé, les volets avaient été fermés, à l'abri derrière des murs blancs, je dormais sereinement. Je n'étais d'ailleurs pas le seul à apprécier ce calme, puisque mes parents, adoptant le rythme Espagnol, dormaient la sieste avec moi.

Maman était fière, elle me trainait partout dans le village et profitait de chaque occasion pour me sortir, comme à la parade dans ma petite poussette rouge. Il le fallait bien, d'ailleurs puisque chacune de ses amie m'avait offert soit un vêtement, soit un jouet. Les sujets de conversation, entre ma petite personne et les enfants de ses amies, variaient peu, ils ne s'éloignaient jamais tellement de la maternité. Au final, ce n'est guère parce que je ne savais pas marcher que je ne pu échapper ces sorties rasoir.

Au bout, d'une semaine, mon père reparti travailler en France, je suis resté avec ma mère poursuivant les présentations. L'emploi du temps n'était pas si chargé, mais il n'y eu aucun jour où je suis resté toute la journée dans la maison.

jeudi 10 juillet 2008

Naissance de la volonté

Parmi tous les verbes que nous utilisons chaque jour, quelques uns reviennent sans cesse : faire, vouloir et pouvoir. Nous les employons pour tout, pour rien, sans même penser à ce qu'il représentent réellement. Il faut pourtant se rendre compte de l'importance de l'action, du pouvoir, et de la volonté.

Ces verbes, si communs soient-ils, expliquent de manière élémentaire ce qu'est la vie . L'action, le désir et le pouvoir sont en effet les trois ingrédients principaux, mélangés avec un peu de hasard, ils réalisent à eux seuls une vie... Le résultat de ce cocktail n'a certes rien de déterministe, car cette chimie se prête mal au calcul, mais les fondations du destin se trouvent dans le désir et dans l'appétit.

La volonté, il n'est pas exagéré de le dire, est le fondement de nos vies, une pulsion ambiguë qui, suivant qu'elle considérée positivement ou négativement est le moyen de se réaliser ou l'asservissement fatal. Cette ambivalence constitue le point de départ de tout développement.

Devenu papa, je suis maintenant en position privilégiée pour voir comment se construit un homme jour après jour. Mettant bout à bout mes observations, je découvre la formation d'un être. Il faut dire qu'elle est tout à fait surprenante, car si nous nous basions sur notre seule intelligence, nous ometterions de discuter de toutes sortes de points qui ne nous semblent être que du détails alors même qu'ils sont fondamentaux. C'est qu'avec le temps nous nous sommes imprimé au plus profond du cortex des vérités qui sont nos fondations, elles n'ont pourtant rien d'innée et il faut y voir sans doute, l'expression la plus canonique de ce qu'est l'humanité.

Par exemple, le désir semble inné, mais la réflexion dément cet axiome. Puisque le désir est le fruit d'un apprentissage, il n'est pas aussi fondamental est inopposable qu'on serait porter à le croire. Cela se démontre en forçant un peu sa logique à naviguer au ras de terre : En effet, sans connaissance du monde, sans savoir sa capacité à modifier l'environnement, il n'est pas possible concevoir quelque désir que ce soit, conséquemment il est impossible de vouloir. Pourtant, il semble que nous désirons tous !

Ainsi en va-t-il de toi César. Au début, tu n'étais qu'un baigneur, il pleurais en permanence, cela me perturbait d'ailleurs beaucoup. A vrai dire, je te trouvais bien malheureux de devoir endurer tout cela alors qu'il n'était absolument innocent. Il connut donc la douleur, ces brûlures à l'estomac lui enseignèrent probablement le prix du bien-être. Et sans doute, ces débuts difficile ont imprimé au plus profond de son âme, l'opposition entre le bonheur et la souffrance, il en a tiré une première représentation du bien et du mal. Puis, il s'est mis à observer, à ressentir son environnement, il apprit la permanence de certains principes : l'alternance du jour et de la nuit, la gravité, etc. Ce n'est qu'une fois passée ces première découverte qu'il commenca à découvrir ses main. Fasciné, il les plçait proche de ses yeux, jusqu'à ce qu'il louche; sans savoir comment les utiliser, il les triturait, les portant à sa bouche. Il lui fallu du temps pour apprendre seulement à les ouvrir et les fermer. Après beaucoup d'exercices, il se mit à saisir des objets, un hochet, les oreilles de son chien en peluche, les cheveux de Cristina. C'est à ce ce moment, je crois que César a commencé à désirer, alors qu'il subissait passivement les événements. Il commença à tenter d'en modifier le cours. Prendre c'est déjà pouvoir.

Il a finalement compris qu'il pouvait être acteur, sachant que le jour viendrait après la nuit, sachant qu'il était autorisé à grandir, il a commencé à désirer... quelque chose dans ses yeux me confirme ma spéculation.

Prisonnier dans son fauteuil à bascule, paralytique sans rôle actif dans le monde, il aurais pu en rester là : dormir et manger... mais, cela ne lui semble plus uffisant, il a le désir de bouger, de s'évader, de courir.

La variété de sa communication progresse, rapidement il devient capable de nuance et jour après jour, il dispose d'une palette plus large pour exprimer ses humeurs. Faible pouvoir, mais il sa réalité incontestable, lui permet de réaliser un second apprentissage : La volonté. La première volonté de ce petit homme est, semble-t-il, que nous soyons proche de lui et que nous communiquions avec lui.

dimanche 6 juillet 2008

Videos


La chute
Mise en ligne par ElBrazelonian
Le poids d'un corps



Cesar
Mise en ligne par ElBrazelonian

Le monde de César

À défaut d'une communication claire avec César, il nous est possible de rentrer dans son univers si nous acceptons de prendre les mêmes repères que lui. Entrons donc dans ta peau de César quelques instants, et suivons la promenade.

Dans l'objectif d'obtenir une perspective vraie, et délaisserait les analyses trop clinique, ni de rentrer dans des vues trop dialectiques. Pour percevoir et ressentir les émotions d'un bébé, évitons d'être systémique, alors laissons côté les analyses trop sophistiquée qui se font dans le monde des grands.

Les cris, les couches ou les sourires sont certes intéressants d'un point de vue pratique, technique et médical, mais ce ne sont que des symptômes qui ne permettent pas de savoir ce qu'il ressent vraiment. Procéder de la sorte serait comme de deviner le parfum d'un plat avec les yeux.

Et pour parler une dernière fois d'une voix adulte, je vais faire la proposition que César évolue dans un monde différent, tout simplement ! En l'occurrence, son point de vue, loin d'être impérial, se situe au ras du sol. Un jour que je jouais avec lui sur son tapis en faisant sonner les grelots d'un serpent en peluche, j'avais la tête au même niveau que lui et je suis resté à ses côtés pour tenter d'adopter son point de vue sur le monde.

Le monde d'un bébé est descendant et vertical, il vit au niveau des pieds. Du sol au plafond, quatre bébés comme lui, s'ils étaient utilisés comme étalon de mesure, seraient nécessaires pour atteindre le lustre auquel je me cogne la tête. Aussi, nous devons rapporter ces proportions à notre échelle et imaginer vivre sous 7 mètres de plafond pour nous représenter le monde immense de César. Sa maison, vaste et haute, est comme un palais où des géants circulent au hasard et utilisent une langue inconnue qui contient des O s des A s des U s et de I s. Parfois, quelques-uns de ces géants se penchent sur lui et font des grimaces, en formulant une étrange requête : « fais-moi un souwi'e ». C'est toujours d'en bas qu'il regarde les choses, même en vadrouille à l'extérieur, lorsqu'il nous observe dans sa poussette en contre-jour d'un soleil puissant, les adultes sont l'ombre d'une éclipse. Son horizon très proche le met en permanence en contact avec l'inconnu, tout est vraisemblable pour lui, s'il rencontrait un martien César ne s'étonnerait pas plus que s'il croisait un vélo rouge. La nouveauté n'existe pas pour lui, ce serait faire référence à une normalité qu'il n'a pas eu le temps de construire et l'horizon de César est fondamentalement irrésolu.

Pour aller pousser l'exploration au bout, au-delà des impressions spatiales, il faut intégrer également une perception différente du temps. L'approche scientifique suggère de l'aborder par son inertie thermique, elle permettra de quantifier ces différences, songez qu'il lui faut environ dix fois moins de temps pour se refroidir ou se réchauffer, en toute rigueur, l'intensité de son présent est multipliée par le même facteur. Ses cycles d'énergies sont accélérés, il mange six fois par jour et ses horloges défilent plus lentement que les nôtres. Lorsqu'il pleure le soir, il est très fatigué, comme si une semaine s'était écoulée depuis le moment où le soleil s'était levé jusqu'à ce qu'il se couche.

Enfin, César doit demeurer là où il a été posé, tel un poisson rouge dans un aquarium, il ne choisi pas les spectacles qu'il voit, pas plus qu'il ne choisi d'en être acteur. Pas question de s'échapper quand le médecin lui pique les fesses. Il est entièrement soumis à la bonté des mains qui le nourrissent, mais malgré cela, César est optimiste, il ne se méfie pas, pardonne tout. César est faible, certes, mais il n'a peur de rien.

Je crois bien que si je retournais maintenant à cet âge prétendument tendre, je serais terrorisé par cette impuissance qui est la sienne. Son monde, objectivement incontrolable, nous le vivrions probablement comme une maladie, avec l'âge, il apprendra que l'exercice de pouvoir et le désir son des acquis difficile à oublier. Mais lui, ne le sait rien de tout cela, sans moyen de fuite ni aucune police d'assurance qui puisse le garantir du mal, César insouciant se laisse bercer. Il lui reste qu'à se fier à ses deux parents !

samedi 5 juillet 2008

Mama dice...

Los niños suelen preguntar siempre a sus mamas : Y cuando nací yo que dijiste ? Como era ?...
Si tu algún día me lo preguntas, te diré que lo primero que dije al verte fue : « Que bonito eres » No se si era verdad, pero a mi me parecías precioso ! No hacia mas que repetir, que bonito eres !
Incluso me parecía mentira que fueras mi bebé, bueno aun, hoy me parece mentira que sea mama. Quizá aun no me hago a la idea y a veces me da la impresión que hago la babi-siter de otro niños. Solo, cuando te me quedas mirando fijamente, me doy cuenta que me miras de una manera muy especial y entonces te digo : si, si, soy tu mama, y tu mi hijo !