C'est le printemps ! À la fenêtre, le ciel absolument bleu laisse l'espace à un beau soleil. Le grand air te réclame. Derrière la fenêtre, tu t'impatientes. L'herbe qui reverdit, les jonquilles fleurissent, les parcs n'attendent plus que tes galipettes. La maison est un terrain déjà bien exploré et tu demandes à Cristina des aventures dignes de ce nom. Elle n'arrive plus à te convaincre de faire la sieste. Debout dans ton parc, tu trépignes comme en prison en attendant l'heure de la grande évasion. Tu te calmes seulement lorsque tu es assis dans la poussette, les deux pieds en avant quand le vent fouette ton visage. Comme en vigie sur la proue d'un navire, tu guettes un drôle d'horizon. Tu regardes les gens qui passent en les détaillant à la loupe : ceux qui traversent la rue, ceux qui regardent leurs pieds, ceux qui s'embrassent, ceux qui s'engueulent. Tu penses que le commerce des grands est décidément bien étrange. Les enfants ont l'air de bien s'amuser autour de la balançoire sont plus proche de tes préoccupations. Tu les envies et espères pouvoir jouer avec eux rapidement. Les voitures semblent de terribles animaux qui obéissent néanmoins aux lumières de feux de signalisation. Les chiens qui courent sur la prairie ressemblent étrangement aux dessins que tu vois dans les livres et que tes parents imitent en faisant Ouaf, Ouaf... En fait, tout ce qui bouge est intéressant. Tu restes silencieux comme un artiste en quête d'inspiration.
Ce week-end, nous étions enfin seuls, une vraie famille. Nous ne rêvions que de repos et de tranquillité. Depuis quelques jours tu nous mets à rude épreuve, expérimentant tous les équilibres instables dans notre dos, ta surveillance n'est pas une sinécure. Alors, au lieu de sortir, ou de recevoir des d'amis, nous avons suivi un programme tout à fait inintéressant et pourtant délicieux. Le samedi, nous avons fait du shopping, je me suis acheté une chemise et un disque. Puis le dimanche, nous n'avons rien fait. Le matin, j'ai juste couru un footing et l'après-midi, je t'ai emmené le long des berges de la Garonne. Nous avons laissé maman à la maison pour qu'elle récupère de sa semaine.
Tous les deux, nous suivons toujours sur le même itinéraire, il commence par la prairie de Filtres. Mais cette fois, il faisait suffisamment chaud pour y faire escale. Je t'ai donc posé au milieu de pâquerettes et j'ai lu mon livre. Je t'ai laissé gazouiller en pratiquant tes expériences jusqu'à ce que tu tentes d'arracher les pages. Alors, j'ai détourné ton attention vers ces intéressantes fleurs semées au milieu de la pelouse. Se mangent-elles ? Quel est leur goût ? Alors, goûtons ce bout de bois, ou bien rampons et tentons d'escalader la poussette. Ensuite je franchis le Pont-Neuf, la poussette avance toute seule tellement le chemin est connu, même les squatteurs dans la rue nous reconnaissent, certains me saluent : « bonjour papa ». Les eaux de la Garonne sont tranquilles, les mouettes sont reparties vers la mer et au loin on peut apercevoir les Pyrénées. Sous le double foyer du soleil et de son reflet sur l'eau, la température approche les vingt degrés. Sur les berges de la place de la Daurade, des étudiants révisent leur cours, jouent de la guitare, se bécotent. O temps suspends ton vol.
Après ma désagréable semaine de travail, accaparé et concentré sur un programme servant à compiler des statistiques, ta joyeuse frimousse me fait presque tout oublier de ces lambeaux de vie qui ne servent à rien. Quand nous reviendrons, Cristina sera relax, nous sommes organisés ! Décidément, c'est une belle journée...
samedi 21 mars 2009
dimanche 8 mars 2009
La fureur de vivre
Au moment d'écrire ces lignes, je paresse et me demande si je dois vraiment continuer à tenir un blog, car je suis éreinté. Ce serait certes dommage, mais j'ai de bonnes excuses. Je n'arrive plus à suivre ton rythme trop intense.
Cela commence dès le matin, à 8 h 30, indépendamment de l'heure où tu t'es couché. Tu commences à chanter dans ton lit : dadadada. De l'autre coté du mur, carrés sous la couette, nous essayons de faire comme si de rien n'était pour prolonger un peu le bonheur du sommeil, mais progressivement ta famine se fait entendre autrement que par d'innocents babillages. Le marathon commence pour nous.
Nous préparons tes biberons hors de ta vue pour ne pas que tu t'impatientes. À peine rassasié, tu réclames de l'occupation : Jouer, te faire marcher, se plier en deux et te suspendre à tes deux mains pour doucement te conduire où tu as décidé d'aller. Nous tentons d'influencer tes décisions, pourquoi ne pas aller plutôt du coté du bac à Lego plutôt que de se diriger vers cette tour de CD chancelante ? Tes déplacements explorent inlassablement toutes les possibilités du « cause-effet ». Tout ce qui est susceptible d'être pris, d'être tiré ou poussé est une cible potentielle, chaque catastrophe est à portée de bras, même lorsque tu manges nous devons surveiller tes gestes furtifs. Tous les jouets que nous te mettons entre les mains ne sont jamais suffisants pour te détourner de tes idées fixes de désastre. Comme si tu étais doté d'un radar à conneries, il suffit que nous ayons le dos tourné pour que tu commettes tes méfaits. Si nous te laissons à ton tapis de jeu pour aller faire la vaisselle, le risque est grand de te retrouver une minute plus tard en train de jeter par terre les DVD du meuble télé, en train de renverser sur le sol le seau de la serpillère, ou bien encore débrancher la souris de l'ordinateur, ramper en douce pour aller tripatouiller les prises de courant. Je n'avais pas réalisé à quel point une maison était si pleine de danger. Alors, nous nous considérons heureux lorsque ton jeu consiste simplement à déchirer les pages du journal. Tu découvres la vie, la vraie et rit de bon coeur et pleure douloureusement, mais tu manques un peu de tempérance pour passer de l'un à l'autre. Nous avons de plus en plus de mal à te convaincre de faire une sieste. Peu à peu tu apprends des rudiments de la communication, tu joues à l'indien en émettant un long ouaaaaaaaaaar et agitant ta main devant la bouche, simules les pleurs pour parvenir à tes fins. Nous sommes au spectacle.
Tous les soirs, le rideau ne tombe qu'à 22h30 après force cajoleries. Demain, il faut être en forme et recharger tes piles pour partir vers de nouvelles aventures.
Cela commence dès le matin, à 8 h 30, indépendamment de l'heure où tu t'es couché. Tu commences à chanter dans ton lit : dadadada. De l'autre coté du mur, carrés sous la couette, nous essayons de faire comme si de rien n'était pour prolonger un peu le bonheur du sommeil, mais progressivement ta famine se fait entendre autrement que par d'innocents babillages. Le marathon commence pour nous.
Nous préparons tes biberons hors de ta vue pour ne pas que tu t'impatientes. À peine rassasié, tu réclames de l'occupation : Jouer, te faire marcher, se plier en deux et te suspendre à tes deux mains pour doucement te conduire où tu as décidé d'aller. Nous tentons d'influencer tes décisions, pourquoi ne pas aller plutôt du coté du bac à Lego plutôt que de se diriger vers cette tour de CD chancelante ? Tes déplacements explorent inlassablement toutes les possibilités du « cause-effet ». Tout ce qui est susceptible d'être pris, d'être tiré ou poussé est une cible potentielle, chaque catastrophe est à portée de bras, même lorsque tu manges nous devons surveiller tes gestes furtifs. Tous les jouets que nous te mettons entre les mains ne sont jamais suffisants pour te détourner de tes idées fixes de désastre. Comme si tu étais doté d'un radar à conneries, il suffit que nous ayons le dos tourné pour que tu commettes tes méfaits. Si nous te laissons à ton tapis de jeu pour aller faire la vaisselle, le risque est grand de te retrouver une minute plus tard en train de jeter par terre les DVD du meuble télé, en train de renverser sur le sol le seau de la serpillère, ou bien encore débrancher la souris de l'ordinateur, ramper en douce pour aller tripatouiller les prises de courant. Je n'avais pas réalisé à quel point une maison était si pleine de danger. Alors, nous nous considérons heureux lorsque ton jeu consiste simplement à déchirer les pages du journal. Tu découvres la vie, la vraie et rit de bon coeur et pleure douloureusement, mais tu manques un peu de tempérance pour passer de l'un à l'autre. Nous avons de plus en plus de mal à te convaincre de faire une sieste. Peu à peu tu apprends des rudiments de la communication, tu joues à l'indien en émettant un long ouaaaaaaaaaar et agitant ta main devant la bouche, simules les pleurs pour parvenir à tes fins. Nous sommes au spectacle.
Tous les soirs, le rideau ne tombe qu'à 22h30 après force cajoleries. Demain, il faut être en forme et recharger tes piles pour partir vers de nouvelles aventures.
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