dimanche 8 mars 2009

La fureur de vivre

Au moment d'écrire ces lignes, je paresse et me demande si je dois vraiment continuer à tenir un blog, car je suis éreinté. Ce serait certes dommage, mais j'ai de bonnes excuses. Je n'arrive plus à suivre ton rythme trop intense.
Cela commence dès le matin, à 8 h 30, indépendamment de l'heure où tu t'es couché. Tu commences à chanter dans ton lit : dadadada. De l'autre coté du mur, carrés sous la couette, nous essayons de faire comme si de rien n'était pour prolonger un peu le bonheur du sommeil, mais progressivement ta famine se fait entendre autrement que par d'innocents babillages. Le marathon commence pour nous.
Nous préparons tes biberons hors de ta vue pour ne pas que tu t'impatientes. À peine rassasié, tu réclames de l'occupation : Jouer, te faire marcher, se plier en deux et te suspendre à tes deux mains pour doucement te conduire où tu as décidé d'aller. Nous tentons d'influencer tes décisions, pourquoi ne pas aller plutôt du coté du bac à Lego plutôt que de se diriger vers cette tour de CD chancelante ? Tes déplacements explorent inlassablement toutes les possibilités du « cause-effet ». Tout ce qui est susceptible d'être pris, d'être tiré ou poussé est une cible potentielle, chaque catastrophe est à portée de bras, même lorsque tu manges nous devons surveiller tes gestes furtifs. Tous les jouets que nous te mettons entre les mains ne sont jamais suffisants pour te détourner de tes idées fixes de désastre. Comme si tu étais doté d'un radar à conneries, il suffit que nous ayons le dos tourné pour que tu commettes tes méfaits. Si nous te laissons à ton tapis de jeu pour aller faire la vaisselle, le risque est grand de te retrouver une minute plus tard en train de jeter par terre les DVD du meuble télé, en train de renverser sur le sol le seau de la serpillère, ou bien encore débrancher la souris de l'ordinateur, ramper en douce pour aller tripatouiller les prises de courant. Je n'avais pas réalisé à quel point une maison était si pleine de danger. Alors, nous nous considérons heureux lorsque ton jeu consiste simplement à déchirer les pages du journal. Tu découvres la vie, la vraie et rit de bon coeur et pleure douloureusement, mais tu manques un peu de tempérance pour passer de l'un à l'autre. Nous avons de plus en plus de mal à te convaincre de faire une sieste. Peu à peu tu apprends des rudiments de la communication, tu joues à l'indien en émettant un long ouaaaaaaaaaar et agitant ta main devant la bouche, simules les pleurs pour parvenir à tes fins. Nous sommes au spectacle.
Tous les soirs, le rideau ne tombe qu'à 22h30 après force cajoleries. Demain, il faut être en forme et recharger tes piles pour partir vers de nouvelles aventures.

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