Poussant la porte du terrain de jeu, tu entres en piste. Ils sont tous là. Ils crient, ils courent et vont dans tous les sens. Tu marches à peine. Tu titubes jusqu'au petit château de bois pour tourner les rouleaux de couleur, car pour le moment c'est tout ce que tu sais faire seul. Hélas, c'est trop peu pour entrer dans le milieu. Pour en être, il faudrait savoir un peu plus : courir, c'est un minimum, sauter ce serait bien, mais parler constituerait une sérieuse avancée !
Le grands ne font pas attention à toi, ils escaladent le château, descendent le toboggan comme des bombes. Tu restes envieux au pied de l'escalier, laissé pour compte. Tu me demandes de t'aider à monter les marches, à la poursuite des autres. Parfois une petite fille intriguée s'arrête et te donne une caresse.
- Oh, un bébé ! dit-elle en regardant sa mère. Tu ne dit rien, alors je lui réponds :
- Il s'appelle César, mais il ne sais pas encore parler !
- C'est un petit bébé !
Voilà comme ils sont ! Il te prennent pour un minus.
Parfois, tu agrippes le bras d'un enfant, tu lui cries quelque chose qui doit signifier : "Tu veux être mon copain ?". Mais il te regarde d'un air condescendant et s'en va faire du vélo. Snob ! Pour te consoler, je t'emmène à la balançoire. Tu t'agrippes et tu t'envoles dans ta nacelle. En apesanteur, tu chantes un truc mystérieux : Bloubloublou, agagagga, A taa... J'imagine que ça veut dire : "Je m'en fous j'ai un papa qui me pousse"
Au moins, nous servons à quelques chose !
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