César est condamné aux apprentissages internationaux, il devra parler deux langues à la fois, comprendre deux cultures antagonistes, et selon l'endroit où il se trouve, apprécier en connaisseur les rillettes et le jambon serrano. Il vivra avec un pied dans chaque pays et avec une chambre dans chaque capitale. Tel est le lourd tribus d'avoir des parents de nationalité différente. Même s'il n'a pas encore deux ans, César connait déjà le blues du businessman, regrettant son lit, alors qu'il est à mille kilomètre de distance. Il n'a pas très bien dormi pendant ses vacances à Valladolid. Sa mère non plus d'ailleurs. Il criait tous les soirs pour protester ; la chambre qu'on lui avait ammngagé ne lui plaisait pas. Pour rassurer ses nuits, le doudou ne suffisait plus, il dormait appuyé sur les flancs de sa mère et grognait dès qu'il perdait le contact maternel, car il avait besoin de sentir un reste de familiarité dans cet environnement étranger. Cela n'a duré qu'une semaine, mais ce fut long...
Alors, lorsqu'il m'a revu dans l'aéroport, il était franchement heureux, même si le voyage l'avait fatigué, je lisais sur son visage qu'il était content de me revoir. De mon côté, moi aussi, qui avait passé une semaine dans un lit trop grand avec un emploi du temps beaucoup trop aéré, et j'étais content de revoir mes parts et demi et tirais avec enthousiasme les énormes valises vers le parking.
J'attachais César dans son siège bébé, à l'arrière de la Fiat Punto. Il se laissait faire et ne regrettait absolument pas la luxueuse Mercedes qui l'avait promené en Espagne. Tout gaga, je le surveillais dans le rétroviseur en lui faisant du grimaces. Lorsque la porte de chez nous s'est ouverte, comme tous les voyageurs de retour au bercail, il s'est figé dans l'encadrement de la porte avant de savoir quoi faire, j'imagine qu'il a du sentir l'odeur douceâtre du foyer ; l'odeur du parquet du salon, l'odeur de l'eau de javel des toilettes ; le parfum du panier à linge sale en train de fermenter dans la salle de bain, et ce délicat fumet de lasagnes refroidies flottant dans la cuisine. L'endroit où l'on rit et où l'on pleure est à la fois banal et unique. Toutes les exquises fragances du quotidien sont là. Il s'approche de son bacs à jouets et s'aperçoit qu'un détail ne colle pas avec ses souvenirs : ses jouets son rangés, ils ne sont pas répartis dans toutes la maison ! Alors, il commence le déballage. Sa mère, me montre ce que ses grand parents lui ont offert : un livre sonores qui chante des comptines espagnoles lorsqu'on appuie sur les boutons, un camion de chantier avec des vrais bruit de chantiers, etc. Mais pour l'instant, il boude ces nouveautés. D'autres nostalgies le détournent de sa tâche. Il me tend la télécommande de la playstation pour que je lui mette un peu de musique. Ce que vous avez de meilleur DJ ! Je m'execute. Blame It On The Boogie ! Mickael Jackson, the King of the Pop lui même est parmi nous ce soir. César rassemble ses dernière forces et se mets à danser devant les enceintes, il plies les genoux et tape des mains, il ira jusqu'au bout de la nuit et refuse d'aller se coucher ; "Non Papa ! Ce soir je ne vais pas au lit avant très tard !"
Un quart d'heure plus tard, il reposait dans mes bras les paupière mi-closes, béat. Nous l'avons déposé dans son lit, il s'est endormi en protestant à peine. Les sirènes de pompiers de la caserne voisine chantaient une berceuse familière tandis que les halos rouges et verts du feu de signalisation, filtrant au travers de la persienne, imprimait à son plafond un rêve heureux pace que connu, car rien ne vaut le doux nid de tous les jours. Le lendemain matin, il s'est invité dans notre lit, entre nous deux sous la couette, il avait chaud et était toujours à son bonheur d'être de retour. Spontanément, il nous a fait un bisou sur la joue ! Nous avons le souffle coupé – est-ce bien réel ? César a-t-il tellement grandi en une semainse s'il a compris qu'une baffe fait moins plaisir à recevoir qu'un calin ? Ou bien est-ce la magie de Nöel qui opère ?
Sur des airs de Villancicos – choeurs d'enfant chantant des chants traditionnels d'espagne – Cristina enroule une guirlande clignotante sur le sapin de noël qu'elle vient d'acheter à Carrefour. César l'aide à accrocher les boules. Il pense "C'est cool Nöel !" ; Le matin, dès réveil, il m'entraine près de la prise de courant et me demande allumer les lumière de l'arbre et appuie sur le modulateur pour tester toutes les options du clignotement. Les Pères Noël en chocolat disparaissent mystérieusement des branches, attrapé par un petit canibale, nous les retrouvons épars disséminé partout, sous le canapé, sur le sol de la cuisin. Le calendrier de l'avant que Momo l'épicier nous avait donné est vandalisé. César ne sait pas compter, il commence le mois de décembre en déchirant la trappe du onze, il insiste pour en prendre un autre ; "Non, non. Un par jour". Je lui explique patiemment, mais il ne sais pas compter, pas même jusqu'à un. Il veut du chocolat à gogo...
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