A l'affût d'une nouveauté, je t'ai senti bouger pour la première fois mardi dernier. Tu t'es signalé par un coup de pied à travers le ventre de Cristina. À l'intérieur, tu découvrais qu'en poussant un peux les murs il te serait possible de faire un peu d'exercice. Ces quelques mouvements t'auront certainement épuisé, puisque tu te tiens tranquille depuis ton exploit, Cristina, par solidarité, dort énormément. Tu à asservi son coprs à ta personne, son ventre grossit. Chaque fois que je le regarde, il me semble qu'elle est plus enflée, mangeant beaucoup plus qu'à son habitude, je devines que tu as pris le commandement de son appétit. Sa voracité la rend méconnaissable, presque prédatrice, je crois qu'elle serait même devenue capable d'avaler un steak saignant et ses yeux s'allument pour un fromage coulant, pour un carré de chocolat.
Son brutal changement de régime a également des répercussion sur mon estomac, tenté par l'abondance de sa cuisine, quelques kilos en plus ont rendu certains de mes pantalons trop petit, j'ai dû desserrer la ceinture pour laisser se développer la courbe du bonheur – ainsi que l'appelle Cristina La vie continue douillettement pendant ton développement. Et dans l'expectative, nous attendons comme une nouvelle sensationnelle la future révélation de ton sexe. A ce jeu là, les paris n'ont pas été timide, curieusement, tout le monde t'a pronostiqué un garçon. Moi et Crisitina en sommes également convaincu, bien que nous essayons de ne pas nous faire d'idée anticipée.
Qu'importe ! les jeux sont faits depuis bien longtemps, mais la semaine prochaine nous serons fixés.
Nous pourrons ainsi t'appeler par ton prénom faute de plus, peut-être nous entendras-tu : les médecins affirment que les bébés sont capables de percevoir les sons dès le troisième mois.
Ainsi, petit à petit, nous construisons notre histoire, à défaut d'une relation. J'organise une mise en scène, qui puisse nous faire patienter les longs mois qui nous séparent de l'accouchement. En ayant toujours désiré un enfant, je me le figurait comme de recevoir un cadeau de Noël, un bonheur pur et surtout immédiat. Pourtant, en allant vers la concrétisation, je m'aperçois que rien de spectaculaire n'est en train de se produire, ce n'est guère qu'une histoire qui se poursuit, des liens qui se nouent, une tapisserie qui ce dessine patiemment, mais ce n'est pas comme dans les films brillants où succèdent le rire et des larmes et où l'on a gommé tous les longs instants, dans la vie réelle, il n'existe pas de petite musique pour accentuer et dramatiser le moment sentimental où l'on sort le mouchoir. Alors, pour combler ce manque de mise-en-scène, j'ai organisé ton premier contact avec la musique comme un moment historique. Quand ton cerveau sera en mesure d'analyser les sons, tu écoutera donc Mozart en premier, une introduction joyeuse et fleuri au monde. Quoique sans doute ridicule, j'attache une réelle importance à ce symbole.
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