dimanche 11 novembre 2007

Les Oncles

Le panorama familial ne serait pas complet s'il ne figurait pas les oncles et les tantes aux côtés de la stricte ascendance. Dans ton cas la typologie est très simple, du côté de ta mère, tu n'as que des tantes, et du côté de ton père il n'y a que des oncles : une maison de poupées en Espagne, et une équipe de bagarreur en France. Outre le fait qu'ils partagent une partie de tes gênes, je crois que s'il n'avaient pas été là, je ne serais tout simplement pas celui que tu connais. Mes souvenirs d'enfance, toujours heureux, sont sans doute le mettre au crédit de la joyeuse ambiance sans temps morts. Le quotidien plein d'émulation nous permis de ne jamais nous ennuyer. Sans doute, ma mère affirmerait qu'il existe quelques désavantage à élever une telle couvée.

La bagarre, autrement nommée bastos, était l'activité favorite et principale des enfants de la famille Soullard. Les chamailleries, les guerre de grimace et provocations en tout genre, les coup de pieds, cou de main constituaient le lot quotidien de ma mère. Ces conflits incessants, qu'elle devaient arbitrer, représentaient pour nous un simple un moyen de communications. Quoi de plus chaleureux, de plus impliqués, de plus pénétrant qu'un bon marron dans la gueule ?

Il y eu certes une époque assez tendre, dans nos très jeune années, où nous nous embrassions, et acceptions, pour faire plaisir au photographe, de prendre la pause en souriant. Cependant, dès que nous fûmes en âge de compter les billes et d'estimer précisément de ce que contenait l'assiette du voisin, il ne fut plus question de ces tendres effusions, nous exprimant dans un langage plus corporel. Les seules période de trêves se produisaient lorsque nous regardions la télé en mangeant de céréales soufflés et des tartines de Nutella, quoique parfois, il y eu aussi des batailles pour savoir qui en aurait le plus.

Pour comprendre les rôle de chacun, rappelons que j'étais l'aîné, Etienne était le cadet, Guillaume, le dernier. A partir de ce simple ordre, n'importe quel psychiatre de de comptoir saura se faire une idée sur le caractère de chacun. Après celui qui ouvre la voie (C'est moi et je ne développerais pas pour cette raison), celui qui l'emprunte une deuxième fois gagne les facilités mais pas le prestige des explorateurs, et pour conclure il faut une voiture balai capable d'amuser les foules et les séduire.

En règle générales, la tolérance des parents à l'égard des bêtises des enfant va croissante au fur et à mesure de leur expérience et dans notre cas, la loi s'est bien vérifiée. Au cours de notre scolarité, le nombre de retenues à faire signer au parents n'eurent de cesse de croître. Guillaume, recordman dans l'absolu absolu, était devenu la bête noire de la directrice du collège Saint Joseph et parvint même à n'avoir plus suffisamment de mercredi après midi libres pour purger sa peine.

Au sein des trois garnement, je n'ai peut-être pas eu le rôle le plus drôle de cette pièce comique. Mes parents, comme de nombreux parents, souhaitaient que je réussissent et m'ont transmis un modèle de réussite assez étroit. Comme j'avais le goût des études et je trouvais mon bonheur dans les livres, je me suis conformé de bonne grâce à ce dessein prémaché. Assez orgueilleux, j'étais exigeant avec les autres, mais je fuyais la compétition, moraliste mon royaume ne s'étendait guère en dehors des limites de territoires connus, c'est à dire mes frère et mes parents, appliquant aux autres les lois sévères de ma morale et de mon jugement.

Déjà tout petit, Etienne faisait beaucoup de bruit. Pour ses premier pas, il marchait tel John Wayne en basculant son corps lourdement de droite à gauche. Il passait pour un gros dur et se battait souvent à l'école, il était pourtant sensible et attirait l'attention parce qu'il avait besoin d'être cajolé. Etienne était colérique, il ne reste maintenant plus rien de ceci, mais pendant l'adolescence, ses crises atteignaient parfois un paroxysme rare, effrayant pour quelqu'un extérieur à la famille, il hurlait et tapait contre les murs. Dans le mouvement, il était peu réfléchi, sa carrure qui le disposait naturellement à l'affrontement en fit un champion de Judo, il se rendait au compétitions et s'est constitué un trésor de médaille.

Le cadet doit gagner sa place au soleil en rognant sur l'ombre de son prédécesseur, aussi il était important pour lui de tracer sa propre voie. Or, mes parents n'avait apparemment qu'un seul modèle de réussite positif, ils voulaient nous offrir le meilleur, et quand bien même nous n'étions pas de véritable bourgeois, nous avons bénéficié des largesses qu'offre une telle éducation. Dès 1987, il y eu un piano à la maison, nous avons ainsi pu pratiquer à la maison les cours de musique que nous avions à l'école, afin d'avoir une ouverture la plus large possible, nous avions également des activités sportives, et des livres à chaque Noël etc. En revanche, nous n'avions pas de console de jeu vidéo.

Après avoir suivi des cours de piano comme nous tous, Etienne ne tarda pas à se trouver une autre voie, une seconde voie : La guitare. Et puis, il s'est mit à écouter du Hard-Rock. Il écoutait Metallica et apprenait par coeur les solos de de guitar-hero qu'il jouait avec son copain Vincent. Ce n'est que lorsqu'il devint complètement libéré de la pression familiale, qu'il pu véritablement suivre sa voie et mettre en pratique ce que lui avaient toujours garanti mes parents : « Quand tu aura ton diplôme d'ingénieur, tu feras ce que tu voudras. »

Guillaume en revanche, avait un style plus simple et tout à fait décomplexé, ne cherchant pas à marquer sa différence, il écoutait de la musique Disco et désirait avant tout avoir des vêtement de marque. En bon petit dernier, Guillaume semblait se foutre de tout, avec une royale nonchalance il endurait sa mauvaise réputation, il supportait avec un stoïcisme impressionnant les remontrances de ma mère qui cherchait désespérément à l'extraire de sa condition de cancre. C'est ainsi qu'une fois, se faisant reprocher son carnet de note médiocre, il dit à ma mère : «Je ne suis pas le plus nul en sport » Cet aplomb, cet optimisme indéfectible sont peut être meilleur résumé qu'on puisse faire de Guillaume. Le véritable savoir faire de Guillaume était la séduction et ne s'est en effet pas développé à l'école. Manipulateur inné, c'est selon son public qu'il se découvrait en ange où démon. Jeunes, vieux et femmes, il échoua néanmoins lorsqu'il du séduire le surveillant général du collège et la directrice.

Il est presque tentant de penser qu'il n'existe plus rien de commun entre le joueur d'échec qu'il est devenu et l'hédoniste parfait de son enfance. Le fil conducteur existe pourtant, sa principale force étant de ne jamais abandonner son jugement aux autres. Comme il le dira si fièrement, une fois sorti du chaudron parental « Les autres ont douté de moi, mais jamais je n'ai douté de moi »

Etienne et Guillaume malgré leur écart d'âge plus important sont restés très liés. Compagnons de bagarre insatiables, à peu près chaque soir, Etienne se rendait dans la chambre de Guillaume pour lui chercher des noises, lui déchirant ses papier, venant lui péter dessus, il ne s'arrêtait que lorsque Guillaume prenais le parti d'enrager et de le poursuivre. Guillaume, qui se savait faible, avait intégré qu'il lui était nécessaire d'avoir la protection de mes parents, aussi usait-il du rapportage, ce qui faisait enrager Etienne.

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