mardi 26 juin 2007
Jour 0
Puisque chaque lapalissades admet une réciproque, il faut l'affirmer clairement : « Un quart d'heure avant ta conception, tu n'étais pas encore vivant... »
Attendant la grande course où tu allais brillamment t'illustrer, au jour 0, tu n'étais qu'une hypothèse qui reposait dans un spermatozoïde et un ovule. Un fier soldat blanc se tenait en réserve dans sa testicule, une ovule tricoteuse attendait au chaud dans un utérus qu'arrive son héros en chantant sans trop y croire : « Someday, my prince will come ». Leur rencontre nécessitait le franchissement d'une distance inouïe rapportée à leur dimension, ton existence dépendait pourtant du succès de l'épreuve. Le point de départ de tout... enfin si l'on s'en rapporte à toi.
Si l'on s'en tient à une vérité scrupuleuse, la somme de ces deux moitiés contenait tout ce qui fait que tu es toi, tu du moins les ingrédients. Il n'y avait qu'à secouer un peu et attendre patiemment que le fruit se développe. Faut-il pour cette raison affirmer que tu n'existais pas encore ? La science, qui n'affirme que ce qu'elle peut prouver, considère surtout le développement d'un programme ADN, mais elle ne sait pas dire si tu avais une âme. Moi, j'ai tendance à voir une preuve de l'existence Dieu à travers ces mécaniques, mais pour ne pas choquer les athéistes, je préfère parler d'un génie transcendantal. Mais il est sans doute vain d'interroger le miracle de la vie, la vérité ne nous est peut-être pas accessible car trop complexe ou trop simple. La vie possède en effet la fâcheuse tendance de s'expliquer uniquement à partir d'elle même et de ne concevoir sa gloire qu'à travers ses valeurs.
Alors, s'il faut te faire un triomphe, rappelons nous néanmoins que ta victoire n'a tenu qu'à un fil. Par exemple, si nous nous étions trouvé dans une autre rue, si une secousse de testicule t'avais donné un handicap fatal sur la ligne de départ, si nous avions mangé autre chose qui eut diminuer la fluidité d'humeur, modifier notre libido etc... Ce n'aurait pas été toi.
Toute vie commence par un hasard miraculeux et voilà sans doute la meilleure entrée en matière qui puisse être. La vie est une chance inouïe, car conditionnée apr une probabilité infime. Et si un jour, tu te retournes en arrière, fier, pensant avoir mérité ce que tu as gagné, n'oublie pas l'analyse réaliste des premiers instants et tu te rendra compte qu'il n'y à pas de mérite à exister, encore moins à gagner, juste un peu de chance.
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