samedi 28 juillet 2007

Le premier chapitre

Tout a commencé au mois de juin 2007, nous revenions exténués d'un pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle, ayant avoir parcourus près de huit-cent kilomètres sous un lourd sac-à-dos, nous avions l'âme en blanc et n'aspirions qu'à nous délasser et savourer notre retour à la civilisation de la plus tranquille manière qui soit, nous n'avions alors aucun désir d'aventures. Comme on dit, nous avions notre compte.

Pourtant, c'est à ce moment qu'un cycle bien réglé a pris du retard. Cristina. a très tôt deviné qu'elle était enceinte, mais la biologie n'étant pas une science exacte, elle a préféré attendre la confirmation du test de grossesse avant de m'annoncer la nouvelle. Un soir, alors que nous prenions le dessert sur le balcon de notre appartement de la rue sainte Lucie, Cristina m'a offert une minuscule paire de chaussettes, j'ai immédiatement compris qu'une nouvelle phase de ma vie allait commencer. Je peinais cependant à imaginer toutes les implications ce cette innocente semence abandonnée presque sans y penser dans les tourments de la vie.

En fait, ta conception ne fût ni laborieuse, ni calculée. Sans l'aide d'aucun calendrier, tu résulte d'un essai immédiatement transformé, fruit du hasard et d'amour, tu as été semé à la fin du printemps. Cristina et moi, nous vivions ensemble depuis une année seulement, ce qui est peu pour se décider à faire un enfant, sans le recul de quelques années de vie commune nous sommes trouvés engagés sur une voie irréversible. Tu nous détournais ainsi de la classique trajectoires de ceux qui n'entament l'aventure familiale qu'après avoir bien étrenné la fraicheur des passions. Dans notre cas, ton arrivée nous fauchait en plein batifolage. Etant homme, je n'ai pas compris très tôt les sacrifices que nous allions concéder à notre insouciance, mais Cristina a rapidement regretté que notre innocence amoureuse n'ait duré deux années seulement, elle savait les futures déformations de son corps et le lourd fardeau qu'elle allait devoir porter. Mais après tout... Même si en deux temps et trois mouvements nous sommes devenus papa et maman, qu'est ce que cela change ? il ne rime à rien de questionner a posteriori l'opportunité de ta venue, notre vie avançait, il n'y a rien d'autre à expliquer, comme tout et chacun, il faut se rendre au mystère de la vie...

A l'heure actuelle, tu n'est pas plus gros qu'un têtard, à l'abri dans le ventre de ta mère en train de fomenter une révolution. En regardant des reportage à la télé, nous avons appris que tu étais en train de parcourir l'évolution de l'espèce humaine en vitesse accélérée, depuis l'état d'amphibien jusqu'à celui d'homo-erectus. La mécanique est si complexe qu'elle semble a elle seule prouver l'existence de Dieu. Et alors que je sais déjà que tu seras la chose la plus parfaite que j'ai jamais produite, il est presque frustrant de penser que je ne suis dans l'affaire qu'un intermédiaire. Mais rendons à César ce qui est à César

Passé les premiers moments de fierté, il nous semble bien si étrange d'avoir mis en branle cette industrie,un sentiment d'humilité qui prends le relai. Aucun ingénieur si futé soit-il n'aurait pu inventer le quart du millième de cette machinerie, et pourtant te voilà. Tu grandis dans son ventre tandis que la vie autour continue indifférente à ce miracle.

Tu ne seras ni Cristina ni Clément, te considérer comme un mélange de nous deux serait également inexact. Non. Tu seras une autre personne. Dans une petite graine et tu attendais patiemment qu'on te porte au jour, aujourd'hui ton heure est arrivée. Notre devoir est simple : la vie est formidable, il n'y a qu'a ouvrir les yeux. Nous essaierons de vivre toutes voiles dehors et ce sera suffisant.

Ce serait trop de responsabilités de songer à ce que nous avons commis en te concevant. Je préfère prendre l'air innocent. Un jour tu nous remerciera peut-être de notre étourderie, ou peut-être à l'inverse tu nous blâmeras notre inconséquence... Je préfère penser que je n'y suis pour rien, j'ai simplement agit de manière naturelle. Je n'ai aucune idée de ce qui t'attends et aucun moyen de le savoir. Alors ces question sont insoluble et si jamais cela dépendait de quelqu'un, il s'agirait plus de toi que de moi.

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