J'ai salué ton impartialité, ta fraîcheur, ton âme en blanc, ton innocence. Lorsque je suis venu te voir un soir à la maternité et que tu ne m'a pas reconnu puisque bien sur tu n'avais que trois jours, j'ai accusé le coup. Forcément, étant de ces personnes qui réfléchissent trop et qui élaborent trop de belles théories sur l'amour, l'éducation, le dialogue. Ta spontanéité m'a dérangée. D'abord tu ne reconnais personne et tu pleure comme un démon à toute heure du jour et de la nuit.
Il faut premièrement vaincre la fatigue et te supporter, quand les crises te prennent, tu es à peu près aussi agréable à entendre qu'un chat qu'on étrangle. Et puis il faut analyser tes expressions, entre le pipi, le caca, le manque de chaleur, la peur d'être seul, tu ne dispose que d'un seul cri pour t'exprimer. Je connais déjà le cri de la nuit qui avant la nuit, c'est un cri progressif qui montre rapidement jusqu'à devenir de l'époumonage radical, il diminue tout aussi rapidement, c'est la fatigue qui te couche.
Ce cri est le plus désespérant, car il n'existe aucun remède à celui là. Il épuise ta mère, elle ne le supporte pas. La seule manière que j'ai trouvée de le supporter est de m'éloigner un peu, mais la nuit, je ne peux pas m'éloigner et ta mère résiste difficilement à l'envie de te prendre dans ses bras pour te consoler, ce n'est pourtant qu'un atermoiement.
Le cri de la faim est beaucoup plus progressif et se console facilement. La caca et le pipi se détectent surtout avec le nez, mais il possèdent également une traduction confuse sous forme de cris.
Un jour où l'autre on finira par tomber de sommeil et nous dormirons vraiment, quand toutes les énérgie sont consommé et on tombera dans les bras de Morphée comme on s'évanouit. Il n'est pas tenable de se rendre solidaire de chacune de tes douleurs. Sorti du ventre de ta mère, tu pourras être libre, mais en échange, tu devras supporter toi même tes douleurs.
Je crois que c'est à ce moment que l'on réalise vraiment, ce que c'est d'être parent. L'articulation majeure d'une vie au moment où l'on se dit qu'on ne peu plus être totalement insouciant.
Cristina ne dors plus que d'un sommeil léger, elle voudrais te soulager, désespérément, tes cris la désespère, lorsqu'y comprend rien. Elle te demande souvent... Que pasa Cesar, que pasa ? Un pipi, un caca, un pied froid... mais tu cries de plus belle. A l'âge de raison, on associe chaque effet à une cause, et puis là surgis de nulle part, il faut renoncer à cet édifice de sagesse. Je comprends finalement ce dont on m'avais prévenu après l'accouchement : Le baby blues. Cette chose m'arrive aussi.
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