dimanche 7 septembre 2008

Septembre...

Le cinquième mois, tu te retournais sur le ventre de ton propre chef. Dès que tu étais posé sur le sol, visiblement impatient de commencer à découvrir le monde par tes propres moyens, tu gesticulais rageusement, soulevant tant bien que mal ta tête, bougeant jambes et bras, mais incapable d'avancer comme un petit crabe qui aurait trop mangé, la contorsion inverse t'étant impossible, l'opération se terminait généralement par des cris de désespoir, fatigué de n'obtenir aucun résultat. Nous te reposions sur le dos jusqu'à la première fois.

Dans le même temps, tu étoffais ta palette de sons, depuis le PFRRR... (serrer les lèvres, tirer la langue et souffler), passant pas le dadada, les cris tonitruants que tu poussais jusqu'à ce qu'on te regarde terminaient le spectacle : chaque semaine avait son invention...


La fin de l'été s'approche, déjà le soleil ne se couche plus aussi tard, les première pluies font leur apparition. Tu allais connaître l'automne, les feuilles mortes qui se ramassent à la pelle etc. etc. mais avant ceci, il fallait faire sa rentrée : les gens revenus de vacances étaient revenus des travailleurs plein d'énergie prêts à en découdre , les voitures s'impatientaient devant le feu.


Cristina semblait avoir trouvé de nouvelles forces pour poursuivre son aventure française. Elle allait suivre bientôt des leçons de danse africaine, prendre des cours du soir en français, elle espérait sortir un peu plus et reprendre la « carrière » qu'elle avait laissé derrière elle à Barcelone. Des amis d'ici et d'ailleurs sont venus nous rendre visite.


Illustration emblématique de cet atterrissage, nous nous sommes acheté une télé, nous regardons les films que j'achète massivement sur internet. Pour combler les petits espaces que tu laisses à nos loisirs nous sommes devenus moins ambitieux. Je me suis mis à remplir des grilles de mots croisés et à jouer aux échecs pour passer le temps. Nous couchant de plus en plus tôt, nous faisons face en économisant notre sommeil. Il est cependant, une évolution qui n'est pas de mon goût. Les quelques responsabilités que j'ai pris à mon travail me poursuivent désormais longtemps après que j'ai quitté le bureau, j'ai la tête parasitée par mes nouvelles attributions. Je m'efforce de ne pas y penser, et de me rappeler que ce n'est pas l'essentiel, je ne peux pas ignorer que j'absorbe la majeur partie de mon temps dans des activités qui se prennent au sérieux qui ne le sont pourtant pas le moins du monde.

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