jeudi 25 décembre 2008

Le Noël des malades

Tu es tombé réellement malade pour la première fois un peu avant Noël, tout juste avant nos vacances chez mes parents. Chez le médecin, pour l'examen des neuf mois, tu avais prélevé dans ma salle d'attente un superbe spécimen de gastroentérite qu'un gamin baveux avait du semer là. Le lendemain tu es devenu étrange, de plus en plus difficile à calmer. Les joues rouges et les yeux malheureux, ton sens de l'humour avait disparu, geignant toujours, même les ploufs dans la baignoire ne parvenaient plus à te dérider. Incapable de comprendre ton état inédit, tu pleurais nuit et jour, sans sommeil, et, avec une ressource étonnante tu exprimais ta souffrance. Épuisant et insupportable, rien ne te calmais plus : ni la tétine, ni les bras, ni le biberon, ni la poussette et nous ne savions plus quoi faire. Nous perdions même les repères que nous avions patiemment acquis ces derniers mois. Les nuits reprirent le goût intense des premiers instants. Aussi, nous avions grand espoir que les vacances au Mans permettent de nous redonner un peu d'énergie.

Les ennuis ne faisaient pourtant que commencer et la contamination s'est généralisée quand nous sommes arrivé au Mans. Logiquement, Cristina, jamais lasse de t'embrasser et trop en contact avec tes fluides, s'est alitée dès le second jour pour la même raison que toi. C'est ainsi que nos vacances si attendues se sont transformées en une cure de santé. Quant à moi, A l'issu d'un footing avec Gilles, je suis revenu étrangement épuisé de ma course et je me suis retrouvé à greloter, incapable de me réchauffer. J'étais malade aussi.

Sur les brancards, nous n'étions plus capable de nous occuper de toi. Annick a validé son aptitude de grand-mère, elle se levait la nuit, et se démenait pour trouver des recette de compote que tu puisses ingurgiter.

Annick avait convoqué tout le monde et le menu de chaque jour avait été déposé comme un itinéraire sur la porte du frigo. L'intendance était chargé non seulement par l'approvisionnement ordinaire, mais également par les petits plats spéciaux des malades, purée de banane, carotte, bouillon, légume cuit, potages... il en fallait pour tout les goûts. Pour la réunion de la famille Chanal venue de toute la France : Rouen, Clermont-Ferrand, Marseille et, bien sûr Toulouse, la maison de Pruillé L'Aiguillé s'est transformée en hôpital de campagne et peut-être aussi en foyer épidémique. Le repas de Noël fut très classique, huitre, foie gras, dinde et buche. Mais grâce au virus, de nombreuses huitres ont été épargnées.

En conclusion, la famille entière – enfin surtout les frangins et les cousins – aura pu se rendre compte à cette occasion, que la vie de famille n'est pas forcément une sinécure.

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