Passé ton premier mois d'existence, ta garde a cessé d'être une discipline strictement sportive, l'objectif n'est plus tant de tenir sans dormir, mais de trouver un nouvel équilibre.
Sans pouvoir continuer à vivre comme avant, nous commençons néamoins à retrouver une sorte d'hamonie et à trouver une compensation à notre perte de liberté, car maintenant tu souris... enfin ! Cette fois, j'ai la quasi-certitude que ce ne sont pas des exercices musculaires. Cela se produit général le matin, après une bonne nuit de sommeil, tu sembles content de nous revoir. Tu dors maintenant seul dans ta chambre. Cette séparation a produit chez nous un brusque relâchement et notre besoin de sommeil devient plus fort, il nous coûte énormément de nous lever le matin.
Devenu plus rationnel, ton regard ne se fixe plus exclusivement sur les lumières du plafonnier, et tu te rends compte de l'importance de nos visages. Tu as également pris de la constance dans tes comportements, tes crises de famines s'espacent et deviennent plus graduelles. Ce début d'intelligence nous permet de reprendre une vie plus normale et moins stressée. Nous avons également progressé dans notre expérience parentale, nous avons par exemple appris quels étaient les consolants universels : Il y a d'abord le sein qui le remède le plus certain à toutes tes angoisses, il t'hypnotises, dès que tu t'y arrimes au sein de ta mère tu oublies la la crise et tu fermes à demi les yeux comme un drogué qui reçoit sa dose. Et puis, il y a le transat à bascule dont le balancement te permet d'oublier l'immobilisme auquel tu es réduit. Cette activité étant mixte, je peux enfin me rendre utile : J'appuie avec le pied et je maintiens l'oscillation le plus constante possible, pour moins d'effort, j'utilise la fréquence de résonance de la bascule. Pendant ce temps, je regarde la télé, je travaille sur l'ordinateur... etc., mais il m'est interdit d'interrompre le mouvement, autrement tu abandonnes tes rêves et recommences à trépigner, il faut agir comme une machine...
Pendant ce ronron, j'ai tout le temps de t'admirer. Tu as beaucoup changé depuis que tu es né, ton visage est devenu plus rond et tes cheveux ont poussé et tu as abandonné le double menton des nouveaux nés pour prendre un visage d'un étrange sérieux. Parfois, à force de t'observer, je te trouve des traits d'adultes et quand tu me regardes, j'ai la troublante impression que tu m'examines.
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