Loin de Toulouse, nous étions bien, enfin relaxés ! Car on a beau aimer le perpétuel grouillement de la ville, et plaider pour sa vie trépidante, il reste ce je-ne-sais-quoi d'oppressant pour empêcher les citadins de se consacrer entièrement à l'instant présent. Ce n'est pas neuf, le rapport au temps est différent à la campagne. En l'occurrence, notre réserve de patience s'est trouvée singulièrement dopée une fois qu'on n'a plus eu ni télé, ni internet, ni courses à faire... Or, la patience est l'élément déterminant à maîtriser pour vivre avec toi.
Nous avons pris conscience là-bas que nos vies avaient irrémédiablement changé. Car on ne part pas en vacances à trois comme on s'y rend à deux, notre expédition ne s'est pas improvisée comme les autres fois : biberons, OK ; couches, OK ; talc, OK ; et le petit chapeau, ah mince ! Il manque le petit chapeau !
En touristes ordinaires, nous avons commencé par planifier quelques excursions vers les sites pittoresques de la région, notre première tentative consistait à visiter le village de San Pau, cité médiévale haut perchée, même si la difficulté de la randonnée était très relative, nous ne sommes pas parvenus à nous amuser. En lieu et place de déguster tranquillement une glace sur la plaza mayor du pueblo, nous te surveillions d'un oeil inquiet dans ton petit landau, guettant la prochaine famine, de plus le montage/démontage incessant de la poussette réduisait ces heureux impromptus qu'on trouve souvent sur le chemin des vacances. Alors, dès le deuxième jour, prenant conscience de notre nouvel état, oublieux de nos ambitions vagabondes, nous nous sommes cloîtrés, faisant des gouzous-gouzous sur un mode pépère pénard. Le soir nous jouions aux cartes, l'après-midi, je lisais le Compte de Monte-Cristo, tandis que Cristina retrouvait joyeusement les cancans de la télévision espagnole. La carte IGN quant à elle est restée sagement pliée dans notre sac et les volcans de la Garrotxa sont restés vierges de notre passage...
Adieu sauvagerie !
Toi, tu agitais tes pieds et tes bras de haut en bas et tu commençais à être heureux, le matin en nous servant parfois d'émouvants areu, areu.... tu créais une révolution. Gazouillant parfois seul, le monde n'avait alors nul besoin d'être vaste pour te réjouir. Les accidents de ta vie se trouvaient dans des petits riens et la très féminine science du détail réglait ton bonheur.
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