dimanche 20 avril 2008

Last minute

Je m'apprêtais à écrire un autre article sur la condition de nouveau né, une autre lamentation d'un homme fatigué, quand un flash est tombé sur mon téléscripteur. L'événement s'est produit ce matin, vers six heures trente. Je rejoignais le lit conjugal pour ne pas avoir l'air de déserter totalement ma fonction, ta nuit avait été calme -- c'est l'écho que j'en avait eu à travers la cloison de ta chambre – tu étais allongé à prendre ton petit déjeuner au sein, et je t'ai vu sourire. Haléluiah, enfin ! Tu as enfin trouvé dans cette vie une raison de sourire.
Cette nouvelle ne peut que nous réjouir tu les deux, quelle injustice cependant tu venais de commettre en me souriant à moi ! Pour son dévouement, Cristina aurait mieux mérité que moi ce genre de palme. Tu es certes logique dans ta démarche, car tu vois ta mère en permanence, souvent fatiguée, et sans doute manger est bien utile, mais ce n'est pas drôle. Le rôle du père est plus simple, il amuse et se montre pour essayer de se rendre utile. En ce monde, il faut apprendre que le sacrifice ne paie pas. Bah ! Ce n'est que la dure loi des femmes et dans la prochaine vie Cristina sera un homme, elle l'a promis.
Cela m'amène à mon autre article à propos de Cristina. Depuis que tu es né, elle semble être entrée en religion et ne sort plus guère de son couvent, l'analyse de tes cris est devenue l'unique science qui distrait ses journées. Je suis surpris par l'absolu sérieux avec lequel elle prend sa fonction maternelle, se rendant responsable de tout ton univers. Elle te pardonne tout, et elle exige beaucoup d'elle même, m'expliquant même que tu ne sais pas dormir, ni même être heureux ! Certes, tu n'as qu'un mois et je reconnais qu'avec ce délai, tu n'as pas eu énormément de temps pour apprendre, mais quant à ne pas savoir dormir !! Ne pourrions nous pas te laisser apprendre seul ?

Je crois qu'il faut te laisser découvrir ces choses par toi même, car considérer qu'il n'existe rien de naturel chez toi, revient à t'assimiler à un produit où une machine. Premièrement, c'est peu connaître l'homme de le croire rationnel, a fortiori lorsqu'il vient de naître, et puis, surtout il est impossible. de considérer toutes les entrées et les sorties de ton système, les causes et les effets. Caca, pipi, jour, nuit, froid, chaud. Et malgré l'apparente simplicité de ton interface, nous ne sommes pas loin de te considérer comme une machine parfaitement chaotique, notre seule certitude est que lorsque tu dors : il faut te laisser dormir. Et quand je pense que ta simplicité n'est pas faite pour se simplifier, je tremble !

C'est un fait, depuis que tu a quitté son ventre, elle ne peut plus supporter tous tes malheurs. Mais l'apprentissage de la séparation est difficile, pour la mère comme pour le fils.

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